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Si les jeunes athlètes qui fréquentent l'endroit sont à la recherche d'une nature saine et à l'état sauvage où l'on respecte la faune et la flore, d'autres, moins militants, se laissent tenter par les habitudes acquises et les conventions sociales de la civilisation parfois décriées avec zèle. Le petit restaurant Chez Monique, tenu par une Allemande, tout près de la plage, est fréquenté pour ses hamburgers et ses boissons gazeuses, deux péchés diététiques dénoncés sur les lieux.
Les Indiens qui vivent tout près de la mer, sont souvent des pécheurs. C'est chez l'un d'eux que l'auteur et sa fille se sont régalés de crabes fraîchement sortis de l'Océan et répandus sur toute la côte Pacifique de l'hémisphère nord : « Aux États-Unis, écrira l'auteur, on le cuit au beurre et a l'ail et on recommande de l'accompagner d'un Pinot Noir de l'Oregon. »(95). Sur place, il se contentera toutefois de crabe « cuit au court-bouillon » accompagné de coca.
L'endroit visité encourage l'évocation de la Nation indienne du territoire, mais déborde tout naturellement pour inclure, encore une fois, l'Afrique qu'il aime et l'Europe qu'il connaît. Beaucoup d'allusions a l'explorateur Stanley : « Quand Stanley, en Afrique centrale, traversait la forêt de l'Ituri à la recherche d'Emin Pacha, l'anti-esclavagiste, il se tenait toujours, accompagné des provisions, en tête de l'expédition. William Stairs, le Canadien qui le secondait, s'est toujours plaint de manquer de tout, surtout de tabac et de nourriture » (74).
Par le biais de l'histoire, l'auteur passe à l'Antiquité. Il évoque le cynisme de Diogène, l'esclavage chez Spartacus, cite Crassus, Pompeï, Épicure et puis remonte dans le temps à Saint-Augustin, à Teilhard de Chardin, ce qui lui rappelle l'autre religion, celle d'Asie, le bouddhisme.
Il ne négligera point la littérature. Des auteurs comme Saint-Exupéry, Albert Camus, le poète Belge Émile Verhaeren, les auteurs Allister McLeod et Nancy Houston du Canada, cette dernière vit a Paris et écrit dans les deux langues nationales. Même un peintre, Delacroix y trouve sa place et confirme l'érudition prolifique de l'auteur qui « divague » souvent à en croire sa fille. Un compliment sans doute, si l'on considère ses écrits bourrés de digressions intéressantes sur les connaissances et les disciplines diverses abordées.
En conclusion, Jean Lebatty est un auteur qui à une verve unique. Son récit le rapproche de Montaigne dont les Essais possèdent la même verve et la même spontanéité. Son style soigné et sa langue élégante rendent la lecture un vrai plaisir et une occasion d'apprendre des bribes d'histoire et de connaissances multidisciplinaires que l'auteur semble puiser dans ses propres notes de lecture. Simon Henchiri.
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