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Le titre du livre de Jean Lebatty a beau être long, il en résume parfaitement le contenu. Le sentier dont il est ici question se situe au sud-ouest de l'île de Vancouver et se prolonge sur 75 kilomètres.
Tracé autrefois pour venir en aide aux naufragés des tempêtes fréquentes dans cet endroit isolé, on l'utilise de nos jours pour une autre raison. Il attire chaque année un nombre de plus en plus élevé d'amateurs de nature sauvage, jeunes et moins jeunes athlètes en pleine forme physique, car il n'est pas fait pour le promeneur du dimanche. Il faut entre cinq et sept jours pour le parcourir sur toute sa distance, de Port-Renfrew jusqu'à Bamfield. La marche est entravée de difficultés naturelles : cours d'eau et estuaires à traverser, rochers à pic à escalader au moyen d'échelles, ponts de bois branlants, plages de sable ou de boue où l'on enfonce jusqu'au dessus du genou.
Loin de rebuter les sportifs, ces difficultés semblent au contraire les stimuler. Ils accourent de partout, et pas seulement du Canada : Européens, Américains, Asiatiques s'y côtoient, se dépassent et se retrouvent le soir dans des campements de fortune. Chacun devant porter sur son dos tente, vaisselle, réchaud et provisions pour la durée de l'expérience, les sacs pèsent de vingt à trente kilos. Le sentier de la côte Ouest, reconnu comme le plus difficile de l'Amérique du Nord, est pourtant devenu si populaire qu'on a dû imposer une limite au nombre des randonneurs, ce qui renforce sa qualité mythique. L'auteur a entrepris cette aventure avec sa fille adulte. La veille du grand départ, les responsables du parc avertissent des dangers possibles et réels. Le sentier, cette année-là, n'est ouvert que depuis quatre mois et déjà, « soixante-deux marcheurs ont dû être secourus et rapatriés médicalement sur Victoria » (p. 9).
On comprend mieux le titre : Bravade indique bien le défi que Jean Lebatty et sa fille ont voulu relever. Il faut être en effet téméraire pour se lancer ainsi dans une épreuve sans préparation physique ni expérience. Bravoure : le courage ne manque pas aux deux néophytes, et dans les moments difficiles, même quand ils font face à un certain découragement, chacun préfère garder stoïquement pour soi ses appréhensions par crainte, de la part du père au moins, de paraître ne pas être à la hauteur. Comme le dit si bien l'auteur : « Je sais que le sentier de la côte Ouest est particulièrement prisé par les grands sportifs. Ce n'est pas, à mon avis, une raison suffisante pour le parcourir en un temps record sans se soucier en aucune manière de la beauté du paysage, de sa physiographie, sa faune et sa flore et surtout des gens qui y vivent, en plus de leur culture (p.87) Suite ...
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